Samedi 19 janvier 2008
               

          

 

   La campagne présidentielle 2007 en France a fait beaucoup parler du Danemark et de son fameux miracle social. Notre cher ex ministre de la cohésion social, Mr borloo en personne, s'est montré inspirer par ce dernier.  Il me semble important, pour vous lecteur, de résumer l'essentiel du système social danois pour que vous puissiez à votre tour juger. 

             Tout d’abord, parlons des faits. Le miracle comme on l’appelle à des preuves à l’appui. Le chômage concernait environ 12% de la population active danoise en 1993 et n’est plus que de 5,5 % de nos jours. Quel est la recette miracle ? Peut-on s’inspirer du modèle danois et dans quelle mesure ?

De toutes les réformes les plus marquées, on retiendra celle liée à l’introduction d’une "activation" des chômeurs. Ce modèle les rend responsable de leurs propres quêtes. Le devoir du demandeur a donc été soigneusement revu. Quant à leur droit, il s’est considérable amélioré puisque il prévoit des formations dans le secteur privé appropriées aux qualités du demandeur tout en restant étroitement liées à l’offre du marché de l’emploi à un temps donné. Des aides financières (90% du dernier salaire) sont également disponibles pour maintenir leur niveau de vie. Mais attention, les critères d’ « activation » doivent être respectés sous peine de se voir être retiré de ses droits (aide financières …). Les contrôles sont eux aussi très actif dans ce tout petit pays où pratiquement tout est décentralisé. Pour résumer ce mécanisme, les hommes politiques français utilisent le terme « flex-sécurité », le modèle introduit une certaine sécurité pour le demandeur d’emploi accompagné d’incitations nombreuses.

             Laisser l’employeur libre d’embaucher ou de licencier. Voilà une phrase qui en ferait bondir plus d’un au pays de la révolution. C’est également un principe clé du miracle danois ! Un danois d’ancienneté de moins de douze ans peut se voir être licencié en quelques semaines. Mais pour les syndicats danois l’accent est mis en priorité sur le contrôle de l’inflation et la croissance puis ensuite les négociations salariales. Cela me semble tout à fait logique, sans croissance pas de revalorisation des salaires. Les danois (contrairement au Français) ont bien saisi que les avancés sociales ne sont envisageable que quant l’économie le permet (il serait bon de rappeler ce principe de base à certain, gauche et droite confondu).

             La réforme fiscale comme composant du miracle danois est plus discutable à mon avis. Des politiques de réductions fiscales dans la deuxième moitié des années 90 sur les sociétés et la suppression totale de l’impôt sur la fortune auraient selon certains encouragé le processus. Selon moi, rien n’est sûre, quand l’économie est fluide, l’impôt n’empêche pas ou presque pas les entreprises saines de répondre à leur demande. Quant aux économies qu’elles réalisent au travers d’une réduction d’impôt, l’impacte sur l’économie dépend entièrement de la répartition de la dépense épargnée.  Si la somme est répartie entre les actionnaires et non destiné à l’amélioration des capacités et ressources tangibles ou intangibles de l’entreprise, cela n’a aucun impacte sur l’économie et donc sur l’emploi. Bref, on l’aura compris, je suis plutôt septique à cette argument. 

 

Danemark

France

Taux d’activité

75,4%

63,4%

Nombre d’heure travaillé par an par personne en activité

1475

1431

Taux de chômage

5 ,5%

9,7

Chômeur de longue durée (plus d’1 an)

19,9 %

42,9%

 Source = OCDE 2003  Un peu vieux je vous l'accorde mais depuis aucun changement significatif a été relevé !

 



PS: A noter qu'un miracle par définition ne peut s'expliquer. Aussi, toutes les analyses présentées pour tenter d'en connaître les causes ne sont pas des vérités à proprement parlé mais simplement des propositions.

Une activation stérile ?

            L’activation aurait du être un processus long et difficile à mettre en place. Pourtant, en une décennie, le Danemark à réduit de moitié son chômage.  On en vient à se poser la question de la crédibilité du critère « activation » pour élucider ce mystère.  Il semblerait que des artifices statistiques ait contribué à cette réduction. Henning Jorgensen au cours d’une étude intitulée : « Danish Labour Market Policy since 1994 » a démontré la supercherie. Une petite citation s’il vous plaît : «  Il est important de noter que l'un des secrets derrière la réduction du chômage au Danemark depuis 1994 est que les participants des mesures actives de marché du travail ne sont pas enregistrés comme chômeurs dans les statistiques officielles. » Effectivement, il semblerait qu’un bon nombre de danois se soit converti en préretraité. En 1998, 680 000 personnes auraient été enlevé tout simplement du marché du travail. Ces derniers seraient pour 226 000 d’entre eux partis en congés (parentaux, formations et autres …), 181 000 en préretraite, 273 000 en invalidité (selon la source de faux invalides au regard du droit français), A noter que ces chiffres doivent être considéré en fonction de la population danoise qui je le rappelle est 10 fois moins nombreuse qu'en France. Elle correspond (si j’ose dire) à la région Rhône Alpes en taille et nombre d’habitant . Le taux de chômage réel serait de 6,8%  et non 5,5 % en 2004 (ça reste toujours mieux que la France !) mais si on ajoute les préretraités dans la population active il aurait été de 14,65 % en 2004.

Le modèle français serait alors beaucoup plus honnête ! ??

 

par Camille
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Retour à la page d'accueil

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Calendrier

Septembre 2008
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30          
<< < > >>

Profil

  • : Camille
  • camilleaudanemark
  • : Femme
  • : danemark aarhus
  • : étudiante parisienne à Aarhus, danemark.
 
Blog : Télévision sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus